Une pomme belle à croquer

Elle est colorée, verte, rouge ou parfois dorée, quelques gouttes ruissèlent sur le bord de sa peau, fraîche et juteuse, elle ne demande qu’une chose : être mangée ! En salade, en compote ou même caramélisée, on aime manger la pomme de septembre à janvier. Mais attention, être le fruit préféré des Français n’est pas de la tarte. Souvent critiquée pour son esthétique parfaite mise en avant dans les grandes surfaces, la pomme fait l’objet de controverse. Un débat qui n’est pas sans rappeler l’univers de la mode et ses critères de mensurations drastiques. Alors comment ce phénomène a-t-il envahi les étals de nos supermarchés ?

L’épreuve du casting : sois belle et tais-toi. 

Soyons clair, nous avons autant de chance d’apparaître sur le prochain défilé Victoria’s Secret qu’une pomme a de finir dans notre assiette ! En effet, les normes imposées par l’Union Européenne pour garantir un produit conforme ont mis à mal l’esthétique naturelle de la pomme. Après la récolte, ces dernières vont être triées suivant un cahier des charges précis :

✔ Poids minimum de 90g
🚫 Aucun défaut sur la peau de plus de 4cm de longueur.

Ensuite, la graine de la graine est sélectionnée, celles qui pourront finalement entrer en scène sont divisées en trois catégories, la plus haute étant appelée « l’extra ». Autrement dit, seules les Kate Moss du lot auront la chance de se retrouver dans les rayons de grandes surfaces. 

Cette sélection engendrerait 10 à 30% de rejet sur les récoltes. Pour limiter ces pertes, les supermarchés ont notamment lancé au début des années 2010 les campagnes de légumes moches, où les fruits et légumes non calibrés furent proposés à la vente avec une réduction de 30%. Aujourd’hui pourtant, les actions de ce type ont quasiment disparu des grandes enseignes, n’ayant pas réussi à trouver leur public et une question se pose alors : au final, est-ce nous, consommateurs, qui discriminons les moches ?

Et vous, vous regardez quoi en premier chez une pomme ?

Ne serait-ce que pour cuisiner une tarte aux pommes à la cannelle qui pour laquelle, l’esthétique du fruit ne compte pas, il existe une tendance générale à sélectionner le plus alléchant des fruits sur l’étalage. On vous rassure, ce n’est rien de grave. Ce n’est pas que nous soyons difficiles, en réalité, nous sommes programmés de cette manière. 

Des études ont prouvé que la vue d’un aliment qui nous attire déclencherait un mouvement cérébral qui nous pousse à bouger nos bras et nos mains. Instinctivement, la beauté d’un aliment nous provoque littéralement l’envie de l’attraper ! 

On doit également beaucoup à notre passé de chasseurs-cueilleurs. En effet, nos ancêtres devaient faire preuve de bon jugement et savoir quel fruit sélectionner pour pouvoir ensuite savourer le meilleur chausson aux pommes des cavernes. Et qui dit meilleur, dit aussi plus sain. 

C’est d’ailleurs à ce moment-là que les couleurs entrent en jeu, le rouge et le jaune particulièrement, car elles sont associées à la maturité et donc, au sucre. Le rouge monte évidemment à la première place du podium, étant la couleur la plus séduisante, que ce soit sur un beau rouge à lèvres ou sur une pomme Gala. 

Le côté attrayant des couleurs s’expliquerait aussi par le fait que la vision de certains pigments nous donnerait une information non négligeable sur son apport nutritif. Prenons par exemple le vert de la roquette bon pour notre digestion, l’orange de la mangue nourrissant pour la peau ou encore le violet des myrtilles bénéfique pour la mémoire !

La compétition pour savoir quelle pomme finira dans notre panier est parfois rude, cependant, ne soyons pas trop exigeants, que ce soit pour finir en salade de fruits ou en crumble, le plus important reste la beauté intérieure, non ? 

💻 Article écrit par Chloé Faure
📷 Illustré par Gwendoline Ribardière


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